Lundi 2 novembre 2009

Par François Rebsamen Sénateur-maire de Dijon

Le président de la République a dévoilé « le grand chantier » de la réforme territoriale qui s'inscrit dans une démarche globale contre les collectivités. Une fois de plus, par dogmatisme, le président de la République stigmatise les collectivités locales et remet en cause les principes de la décentralisation. Ainsi selon lui, il y aurait d'un côté les collectivités cigales et de l'autre l'Etat fourmi. Personne ne peut le croire !

Le président de la République supprime la taxe professionnelle des entreprises, sans contrepartie en terme d'emploi. C'est une atteinte sans précédent à l'autonomie financière des collectivités et la perte d'une de leurs principales ressources. Mais les grands perdants de cette suppression seront les ménages, dont les impôts vont augmenter.

Ce n'est pas la première fois que ce gouvernement use de l'argument budgétaire contre les collectivités. Cette tendance s'est accélérée depuis que la gauche n'a cessé de remporter des territoires et d'être majoritaire dans les régions, les départements et les grandes villes. Ce projet de loi vise véritablement à réduire le nombre de collectivités… gérées majoritairement par la gauche. De plus, il caractérise un recentrage évident de la pratique démocratique, réduisant davantage les politiques de proximité menées par les élus locaux, au plus près des besoins des Français touchés par la crise.

Le projet du président de la République est un signe supplémentaire de la dérive du quinquennat. Nicolas Sarkozy ne supporte pas l'existence de contre-pouvoirs locaux et veut donc démanteler la décentralisation pour tenter de mettre la main sur les collectivités territoriales. Il nous faut donc combattre ce projet de loi.

Ce combat pour la démocratie locale dépasse largement les clivages traditionnels et le fonctionnement administratif de nos collectivités. Il aura lieu au Parlement, mais doit s'appuyer plus largement sur la mobilisation de tous les élus locaux et sur celles des citoyens qu'ils représentent.


Publié le 01/11/2009link

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Mercredi 28 octobre 2009



PARIS, 27 octobre 2009 (AFP) - Le sénateur PS de Côte-d'Or François Rebsamen a dénoncé mardi après l'annonce du plan de Nicolas Sarkozy sur l'agriculture à Poligny (Jura) "un plan de court terme et des choix budgétaires qui échappent encore au Parlement".
Dans un communiqué, le leader socialiste maire de Dijon estime qu'il s'agit d'un "plan de plus, destiné à calmer les agriculteurs et à apaiser une catégorie d'électeurs déçus qui ont clairement affirmé, par leur mobilisation, leur opposition à sa politique, à quelques mois des échéances régionales".
C'est "un plan certes budgétairement important avec plus d'un milliard et demi d'euros annoncés, mais un plan de courte vue et de court terme, pour un monde agricole en péril".
Ce plan "ne doit pas être une manière pour la majorité actuelle de se dédouaner de ses faux bons choix gouvernementaux ces dernières années".
Pour M. Rebsamen, les choix budgétaires "se font actuellement au Parlement", mais déplore-t-il, "avec ce nouveau plan, le président Sarkozy coupe une fois encore le Parlement de son pouvoir d'arbitrage et prive les Français d'un débat démocratique sur ce sujet important".
"De quelles marges de manoeuvre dispose-t-il ?, Où trouvera-t-il les financements ? Renoncera t-il enfin aux mesures pour les plus aisés ? interroge encore le sénateur-maire de Dijon.

cp/sm/ds

 

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Jeudi 1 octobre 2009

http://dominiquegambier.typepad.fr/journal/2009/09/combat.html

Combat pour le « non cumul », opportunité ou risque d’un piège!

La question du cumul des mandats n’est pas anodine contrairement à ce que certains peuvent penser (Avis de Dominique Reynié sur le cumul des mandats) même si elle est sans doute plus une préoccupation de militants que de citoyens : elle est un moyen d’aérer notre vie démocratique.

Elle n’est pas qu’une question de « courage politique » ; il faut comprendre cette « exception française » si on veut progresser, sinon on risque très vite d’en parler plus que d’agir. Elle touche à beaucoup de choses, et sa mise en œuvre doit être bien gérée « politiquement » sauf à se retourner contre la gauche, comme un « piège ». Sa mise en œuvre doit prendre en compte trois séries de considérations:

La première concerne nos institutions. Leur logique pousse au cumul : Le parlement d’abord légifère pour une grande part de son temps pour les collectivités locales : nous ne sommes pas dans un système à l’Allemande ou le Bundestag légifère sur les questions de sa compétence et les Lander légifèrent sur leur compétences. Un Député qui ne connaitrait plus les collectivités locales serait bien vite en conflit avec leur fonctionnement. Par ailleurs qu’en est il d’un Sénat censé représenté les collectivités locales ? A ceci s’ajoute le « millefeuilles institutionnels » qui fait que chaque gros dossier est traité par chaque collectivité : la tentation est alors d’être présent partout pour le faire avancer : sans une plus grande autonomie, sans une plus grande spécialisation des collectivités le ferment du cumul demeure !

 La seconde question concerne le statut de l’élu. Un des arguments pour le non cumul est de dire que ces fonctions locales exécutives sont des activités à temps plein. Certes, comment alors les exercer sans statut, sans protection sociale, sans un minimum de garantie de reconversion ! Le risque serait grand alors (c’est déjà trop le cas !) de réserver ces mandats à quelques professions qui le peuvent, à ceux qui peuvent s’appuyer sur un travail dans les partis ou des cabinets de collectivités, voir à ceux qui ont des fortunes personnels !

La troisième question est d’une autre nature, elle concerne la compétition électorale. Quand on va en duel celui qui y va les mains nues a des conditions « moins favorables » ( !) que celui qui y va armé. La compétition électorale s’appuie beaucoup sur la notoriété, qui bien sur encourage le cumul. Il faut donc des règles qui s’appliquent à tous si on ne veut pas s’affaiblir. On le voit bien les scrutins uninominaux ne sont pas de même nature que les scrutins de liste. Un Maire candidat dans un canton dispose de quelques longueurs d’avance par rapport à un citoyen sans mandat !Un Maire candidat pour la troisième fois dispose de quelques appuis par rapport à un nouveau. Attention au désarmement unilatéral !

La mise en place du non cumul ne suppose pas que des discours. Il a ses limites s’il est unilatéral. Ce doit être un projet législatif fort qui implique la réforme de nos institutions et le statut de l’élu, sauf à être un piège aux effets dévastateurs à long terme.

Voir aussi la note de G.Carcassonne publiée chez Télos :

Comment mettre fin au cumul des mandats

Guy Carcassonne 17 Janvier 2007

Le cumul doit disparaître mais le moment est venu de préciser lequel, comment, avec quelles conséquences et quel corollaire.

Chacun sait que certains députés qui cumulent sont néanmoins très présents quand d’autres, qui n’ont qu’un seul mandat, ne se signalent que par leur absence. S’ensuit une interrogation légitime sur la corrélation entre cumul et absentéisme. Toutefois, il faut observer aussitôt que l’échantillon de ces quelques héros – les cumulards présents – est beaucoup trop étroit pour être représentatif et qu’il en va de même de la catégorie opposée, celle des non-cumulards absents.

Chacun sait aussi, puisque les premiers intéressés ne cessent de le seriner, que c’est dans l’exercice de leurs fonctions locales qu’ils ont tout appris. Soit ! Deux objections pourtant.

D’une part, rien n’interdira à quiconque, comme cela se pratiquait jadis en France et se pratique encore partout ailleurs, d’acquérir d’abord une expérience locale pour accéder ensuite à un mandat national. C’est même là le cursus le plus répandu parce que le plus naturel et il est très fécond.

D’autre part, lors même que cette expérience serait irremplaçable, à quoi sert-elle au juste si ceux qui l’ont acquise n’en font, par leur absence, pas profiter l’assemblée à laquelle ils appartiennent ? Le plus sage et expérimenté des députés est cependant inutile s’il ne siège pas, ou très rarement, et il faut, à regret, lui préférer son collègue moins lustré mais qui fait son travail.

Chacun sait, troisièmement, que c’est grâce au cumul, qui les met en contact étroit avec la population, que les élus connaissent les sentiments de celle-ci et sont en mesure de s’en faire les porte-parole. Nos députés sont-ils donc tellement meilleurs que leurs homologues étrangers qui, eux ne cumulent pas ? Collectivement au moins on est en droit d’en douter puisque toutes les majorités qui se sont succédé depuis 1978 ont été impitoyablement sanctionnées par les électeurs en France, quand d’autres, à l’étranger, parvenaient à gagner trois ou quatre élections de suite.

Chacun sait, quatrièmement, qu’il appartient aux électeurs eux-mêmes, s’ils le souhaitent, de mettre fin au cumul qu’ils désapprouveraient. En fait, l’électeur devrait alors soit refuser sa voix au candidat du parti qui a sa préférence, uniquement parce qu’il détient déjà un autre mandat, soit voter pour lui malgré son hostilité au cumul, c’est-à-dire, dans un cas comme dans l’autre, voter contre ses propres convictions. Belle liberté que celle-ci !

Chacun sait, cinquièmement et enfin, qu’en tout état de cause et sans que le cumul n’y change rien, les députés élus dans des circonscriptions ont absolument besoin d’y être très présents pour avoir une chance de réélection. C’est vrai, mais comment font les autres ? La totalité des députés britanniques et la moitié des députés allemands sont, eux aussi, élus sur leur propre nom. Sont-ils moins attentifs à leur réélection, à leur circonscription ? Evidemment non, mais un partage raisonnable du temps fait qu’ils disposent au minimum de quatre jours par semaine, durant lesquels leur assiduité au Parlement n’est pas requise. Leurs électeurs le savent aussi qui, du coup, attendent leur présence ces jours-là mais, en revanche, s’étonneraient s’ils la constataient aussi les jours où ils sont réputés les représenter nationalement.

On le voit, les arguments en faveur du cumul alternent le faible et l’indigent. Aux arguments contre, en revanche, d’autres pourraient être ajoutés à ceux déjà soulignés : le localisme, qui gangrène chaque jour davantage la représentation supposée du peuple et l’évanouissement consécutif de l’intérêt national qui ne trouve plus pour défenseurs que ceux que l’on stigmatise du nom de technocrates, l’injustice qui fait que si le cumul de leur principal élu profite aux collectivités locales, seules 577 d’entre elles, sur plus de 36000 que compte notre pays, peuvent bénéficier de ce privilège refusé à toutes les autres.

Oui, décidément, le cumul doit disparaître mais le moment est venu de préciser lequel, comment, avec quelles conséquences et quel corollaire.

Quel cumul doit être interdit ? Celui des députés et par une mesure radicale. Celui des sénateurs est moins choquant puisqu’ils représentent non le peuple mais les collectivités territoriales. De plus, l’interdiction du cumul aux députés provoquerait un renouvellement simultané des deux chambres : à l’Assemblée nationale, des places se libéreraient pour des candidats nouveaux tandis que le Sénat verrait rapidement arriver de grands élus locaux qui, n’ayant voulu renoncer ni à leur collectivité ni à une présence nationale, migreront naturellement vers le Palais du Luxembourg qui s’en trouvera utilement rajeuni et vivifié.

Ce choix, accessoirement, faciliterait l’adoption de la loi organique nécessaire. N’étant plus concernés, les sénateurs ne disposeraient plus du droit de veto qu’ils ont utilisé dans le passé et la réforme pourrait ainsi se faire si un candidat à l’élection présidentielle s’est assez engagé sur elle pour que les députés soient obligés de suivre. Dans le cas contraire, il resterait toujours la ressource du référendum, auquel la réponse ne ferait ici aucun doute.

Les conséquences seraient considérables, notamment en ceci qu’une séparation nette serait enfin introduite entre les carrières politiques locale et nationale. L’on verrait alors les détenteurs d’un mandat cesser de redouter la concurrence dans leur camp et trouver du coup un intérêt direct, au contraire, à favoriser les meilleurs candidats puisque, comme c’est le cas à l’étranger, ils ne seraient plus des menaces.

Nécessaire à la suppression du cumul, un corollaire enfin consiste à accompagner la suppression du cumul d’une obligation de présence, vérifiée et sanctionnée, comme c’est déjà le cas au Bundestag ou au Parlement européen. L’expérience de ces derniers peut d’ailleurs être mise à profit pour rendre contrôles et sanctions plus adéquats qu’ils ne sont.

Mais cela fait alors surgir une autre interrogation : ne peut-on se contenter de cette obligation de présence, puisque c’est elle qui compte vraiment, plus que l’interdiction du cumul qui n’est qu’un moyen de la favoriser ? L’objection est sérieuse mais elle n’est pas décisive. L’objectif, en effet, n’est pas seulement d’assurer une présence, il est d’assurer une présence active. Or, le député qui n’a que ce mandat à accomplir, placé au milieu d’autres députés qui tous n’ont que ce mandat à accomplir, libéré du souci des protéger ses arrières contre des concurrents locaux internes sera fatalement conduit à se saisir des moyens nombreux mis à sa disposition, à exploiter les ressources et pouvoirs que l’Assemblée lui offre, sachant qu’il lui restera le temps nécessaire pour faire le travail indispensable, et qu’il a bien le droit d’aimer, dans sa circonscription. Au contraire, celui qui ne serait présent que par obligation, emprisonné à l’Assemblée, dans l’angoisse permanente que d’autres mettent à profit contre lui son absence, n’en sera que plus enclin à rechercher comment utiliser au mieux de ses seuls intérêts locaux une présence nationale contrainte.

L’interdiction du cumul et la présence obligatoire sont, chacune, nécessaires et insuffisantes. Ce n’est qu’ensemble qu’elles deviennent nécessaires et suffisantes.

La suppression du cumul pour les députés n’est pas une réforme parmi les autres. En l’état de nos institutions, elle est la mère de toutes les autres.

 


 

Avis de Dominique Reynié sur le cumul des mandats 

PARIS, 28 août 2009 (AFP) - La proposition de Martine Aubry en faveur du non-cumul des mandats est "très marginale" pour la rénovation du parti, déclare vendredi à  l'AFP Dominique Reynié, professeur à Sciences Po.
 
Q : La proposition sur le non-cumul des mandats est-elle un moyen pour la patronne du parti de reprendre la main ? 
R : Martine Aubry est contrainte de surjouer parce que les propositions de rénovation les plus radicales et les plus anciennes ne viennent pas d'elle. Actuellement, elle ne dirige pas, elle est dirigée. Elle n'a pas la main sur les primaires, elle est obligée de céder sous la pression. La question du cumul des mandats est une proposition pas nouvelle et qui a été fermement défendue par Ségolène Royal. Cette dernière me paraît être celle qui remporte la bataille idéologique au sein du PS puisque les primaires, c'est elle aussi. 
 
Q : Le non-cumul des mandats peut-il être un instrument de rénovation pour le PS ? 
R : Ce n'est pas comme l'alliance avec le centre, qui est une question qui commande les autres. Le non-cumul, c'est une vieille revendication appliquée par certains, comme Ségolène Royal et Bertrand Delanoë. C'est un sujet, mais ce n'est pas le sujet. C'est une façon de donner dans le courant populaire et de donner à la sensibilité de gauche un élément de rénovation, mais c'est très marginal et très technique. Ce n'est pas une bouée de sauvetage, ce sont tout juste des brassards. En plus, le PS est un parti d'élus. Les élus n'aiment pas le non-cumul. Donc ils ne vont pas aimer cette menace. 
 
Q : Le deuxième parti de France peut-il s'engager seul dans la voie du non-cumul des mandats ? 
R : Non, il ne peut pas. Le cumul est défendable tant qu'il n'y a pas en France de statut de l'élu. Le plus souvent, les élus cumulent pour éviter la perte de toute activité politique en cas de perte d'un mandat. Et pour certains, qui ne sont pas fonctionnaires ou retraités, perdre une activité politique brutalement, sans en avoir une de secours, c'est parfois se retrouver en situation très délicate. Donc, en réalité, le cumul est l'une des réponses, bricolée par les élus, à l'absence de statut de l'élu. 
 
Propos recueillis par Frédéric Dumoulin
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Mardi 22 septembre 2009
EUROPE 1

L'INTERVIEW – Le 21/09/2009 – 08 :19 :15
Invité : Jean-Pierre MIGNARD, membre du Conseil National du PS


Marc-Olivier FOGIEL
Vous recevez ce matin le socialiste Jean-Pierre MIGNARD.

Jean-Pierre ELKABBACH


Ségolène ROYAL, le PS, mais d’abord CLEARSTREAM. Jean-Pierre MIGNARD, bonjour.

Jean-Pierre MIGNARD


Bonjour.

Jean-Pierre ELKABBACH


Vous avez regardé la presse avec nous. CLEARSTREAM partout. Vous allez y plaider. Dans l’histoire judiciaire et politique, le procès, est-ce que c’est un grand procès et comment la qualifiez-vous d’emblée ?

Jean-Pierre MIGNARD


Ah, ça c’est vrai que c’est unique, un procès entre un ancien Premier ministre prévenu et un Président de la République en exercice, plaignant et partie civile, ça, en effet, sous la Ve République, j’ai jamais vue ça.

Jean-Pierre ELKABBACH


Mais c’est un grand procès.

Jean-Pierre MIGNARD


C’est un grand procès, sûr. Alors, on peut, en effet, trouver des titres journalistiques, « Le choc des titans », « Une dramaturgie », etc. Eh bien, voyez, quand même, ce qui est caractéristique c’est que dans ces grands titres on va oublier les dizaines d’autres victimes de ce procès, qui ont été quand même assez largement ignorés, en tout cas pendant toute la formation judiciaire, et qui seront toutes présentes cet après-midi à la 1ère chambre du tribunal.

Jean-Pierre ELKABBACH


Vous, vous défendez le journaliste Edwy PLENEL et le magistrat Gilbert FLAM qui se sont retrouvés dans les listings en bonne place, et sans raison, disent-ils ;

Jean-Pierre MIGNARD


Ben, non seulement sans raison mais i n’y avait aucune raison, pas plus pour eux d’ailleurs que pour tous. Et ce que l’on va dire, c’est simple, c’est pourquoi est-ce que tout cela n’a pas été dit plus tôt, pourquoi est-ce qu’un juge d’instruction n’a pas été désigné plus tôt ?

Jean-Pierre ELKABBACH


Dès aujourd’hui, Maître LECLERC, défenseur de Dominique de VILLEPIN, va soulever des nullités de procédure. D’abord, le rôle et la place du Président de la République, et vous vous allez intervenir aussi.

Jean-Pierre MIGNARD


En tout cas, Henri LECLERC, je pense, va dire une chose, il va dire que le Président de la République est à la fois plaignant, il est partie civile, il a un avocat, puis il y a le procureur de la République, et on peut dire que c’est deux choses différentes. Non, au sens où dans notre organisation judiciaire aujourd’hui l’exécutif a autorité sur le procureur de la République, et donc on peut penser que l’accusation n’est pas indépendante au sens où le magistrat ne serait pas une autorité judiciaire indépendante et impartiale vis-à-vis du pouvoir politique. C’est la Cour européenne qui le dit, ça n’a rien de désagréable personnellement pour Monsieur MARIN, mais ça pose un problème.

Jean-Pierre ELKABBACH


Mais ça n’empêchera pas le procès.

Jean-Pierre MIGNARD


Non !

Jean-Pierre ELKABBACH


Ni la recherche de la vérité.

Jean-Pierre MIGNARD


Mais la question va quand même être posée et cette question elle nous renvoie à l’incongruité du système français : pourquoi est-ce que l’exécutif, c’est-à-dire le pouvoir politique, a une autorité sur les procureurs ?

Jean-Pierre ELKABBACH


A l’origine de l’affaire et donc du procès, qui a commis le délit, à votre avis, qui en a profité ?

Jean-Pierre MIGNARD


Ah, qui a commis le délit ? Le tribunal le dira. Nous, on pense effectivement que les premières personnes citées c’est contre elles effectivement que nous plaiderons, mais on verra ce que le jugement dira. Qui en a profité ? Je trouve qu’il y a deux affaires, il y d’une part la confection de faux, des listings, avec une liste invraisemblable, absurde, de gens qui se retrouvent ensemble et à qui on prête d’avoir des comptes à l’extérieur, manifestement obtenus à l’aide de pratiques illicites.

Jean-Pierre ELKABBACH


Dominique STRAUSS-KAHN, à un moment Laurent FABIUS qui s’est retiré, Nicolas SARKOZY.

Jean-Pierre MIGNARD


Mais tout ça est absurde, je veux dire. Même quand on regarde la liste, on dit, « mais enfin, c’est pas possible », ou alors si c’était possible ça voudrait dire qu’il n’y a plus de République, qu’on serait dans un Etat de corruption généralisée. C’est absurde ! Et puis, il y a une deuxième affaire, c’est-à-dire qu’ensuite il y a tout un groupe de… toute une série de hauts responsables de l’Etat, des ministres, des directeurs de cabinet, des directeurs de service, et même des magistrats qui attendent. Qui attendent quoi ? Pourquoi est-ce que très rapidement… écoutez  c’est vers octobre 83 que pour la première fois RONDOT indique qu’il y aurait des listes comme ça.

Jean-Pierre ELKABBACH


2003.

Jean-Pierre MIGNARD


Oui, 2003, pardon. Et on attend 2006 pour qu’il y ait un juge d’instruction qui soit désigné.

Jean-Pierre ELKABBACH


Et puis, on voit bien, tel est pris qui croyait prendre.

Jean-Pierre MIGNARD


Oui, chacun se tien par la barbichette !

Jean-Pierre ELKABBACH


Mais qui aurait dû déclencher l’information judiciaire ?

Jean-Pierre MIGNARD


Mais tous, car c’est une obligation légale, l’article 40 du code de procédure pénale impose aux autorités constituées, aux fonctionnaires et aux officiers publics, l’obligation de dénoncer immédiatement au procureur de la République.

Jean-Pierre ELKABBACH


Donc, ils auraient dû alerter la justice.

Jean-Pierre MIGNARD


Tous !

Jean-Pierre ELKABBACH


Donc, pour vous, c’est la justice, l’Etat, la République qui dysfonctionne.

Jean-Pierre MIGNARD


Il y a une irresponsabilité de l’Etat.

Jean-Pierre ELKABBACH


Qu’est-ce qui les rend fous ?

Jean-Pierre MIGNARD


Le pouvoir présidentiel. Le présidentialisme, le pouvoir présidentiel, l’ambition, la compétition des ambitions, les ambitions rivales, la voracité du pouvoir, voilà ce qui en France constitue sans doute le mal français, même le malheur français.

Jean-Pierre ELKABBACH


A droite et à gauche ?

Jean-Pierre MIGNARD


Oui, bien sûr, à droite et à gauche.

Jean-Pierre ELKABBACH


Même au PS ?

Jean-Pierre MIGNARD


Mais regardez au PS, nous avons eu… je suis frappé, les socialistes quand ils sont maires ou quand ils sont élus, ce sont des gens qui gèrent avec un très grand scrupule les élections dans leur ville, ce sont des gens très respectueux des électeurs. Et lorsque nous avons des élections entre nous, on ne se respecte pas. Eh bien, ça, c’est toujours la bataille présidentielle. Ca rend les gens fous en France.

Jean-Pierre ELKABBACH


Oui, mais vous n’avez pas la nostalgie de la IVe République et des treize tours pour élire René Coty président de la République.

Jean-Pierre MIGNARD


Non ! Non !

Jean-Pierre ELKABBACH


Il y aura pour CLEARSTREAM, sans doute, des surprises, des coups de théâtre.

Jean-Pierre MIGNARD


Oui !

Jean-Pierre ELKABBACH


Des sanctions, un jugement en janvier 2010, sans doute appel et déjà les juristes, est-ce que vous êtes dans ce cas, prévoient un deuxième procès CLEARSTREAM fin 2010, début 2011.

Jean-Pierre MIGNARD


Oh, s’il y a un appel, évidemment, vraisemblablement un appel, mais je serais très étonné que ce jugement satisfasse tout le monde. Quoi qu’en ne sait jamais !

Jean-Pierre ELKABBACH


Alors, vous, si proche de Ségolène ROYAL vous n’étiez pas à Montpellier.

Jean-Pierre MIGNARD


Non.

Jean-Pierre ELKABBACH


Elle a dit que vous étiez au Gabon. Vous étiez à Paris.

Jean-Pierre MIGNARD


Non, j’étais à Paris, mon voyage a été repoussé donc, effectivement. J’aurai pu lancer un appel de Libreville, comme le Général de Gaulle, mais enfin c’était quand même pas ni mon statut, ni l’objectif.

Jean-Pierre ELKABBACH


Donc, vous n’y êtes pas allé.

Jean-Pierre MIGNARD


J’irai mais je n’y étais pas.

Jean-Pierre ELKABBACH


A Montpellier.

Jean-Pierre MIGNARD


Ah non, j’étais pas à Montpellier, non.

Jean-Pierre ELKABBACH


Alors, Ségolène ROYAL a annoncé à Montpellier qu’elle veut dépasser désormais le Parti socialiste. « Dépasser », c’est-à-dire l’envelopper, le dominer, le contourner. Elle a choisi déjà et encore cette démarche présidentielle. Est-ce qu’elle raison tout de suite ?

Jean-Pierre MIGNARD


Sur le dépassement, elle a raison, et sur le dépassement elle n’est pas seule, c’est d’ailleurs l’appel qu’avait lancé Daniel COHN-BENDIT à Marseille lorsqu’on avait fait notre réunion d’Espoir à gauche. Oui, dépassement pour effectivement faire en sorte que l’ensemble des grandes familles de l’opposition puissent se retrouver, créent aussi une nouvelle formation politique. Une nouvelle formation politique, on peut l’appeler Parti socialiste, la question n’est pas là, mais regardez, si on fait des primaires, c’est-à-dire que si on associe deux à trois millions d’électeurs à la désignation du candidat, si ensuite enfin on installe la séparation des pouvoirs au sein du Parti socialiste lui-même, c’est-à-dire qu’il y a une espèce de commission, allez, néo-juridictionnelle qui veille à la sincérité du scrutin, à la loyauté du scrutin, je vous assure qu’on crée une nouvelle formation politique qui se rapproche des grands partis démocrates.  

Jean-Pierre ELKABBACH


Non mais, sur sa stratégie, vous, vous présidiez pour elle Désirs d’avenir.

Jean-Pierre MIGNARD


Oui.

Jean-Pierre ELKABBACH


Elle l’a saisi, confisqué, récupéré.

Jean-Pierre MIGNARD


Ah ben, elle est fondatrice. C’est la mère, la mère a repris son enfant.

Jean-Pierre ELKABBACH


Voilà ! « Cher Jean-Pierre, pousse-toi de là ».

Jean-Pierre MIGNARD


Voilà, elle a dit à l’oncle de se mettre sur le côté.

Jean-Pierre ELKABBACH


Et il s’est mis sur le côté.

Jean-Pierre MIGNARD


Ah ben, oui, je suis un oncle amical et fidèle.

Jean-Pierre ELKABBACH


Peut-être qu’il avait plus de désir, il n’y avait plus de désir et moins d’avenir.

Jean-Pierre MIGNARD


Ah ben, attendez, j’ai quand même beaucoup de choses à faire indépendants de ça, et puis je fais confiance à Ségolène pour effectivement engager Désirs d’avenir. Elle l’a fait parce qu’elle pense sans doute que pour son statut de présidentiel il faut repasser peut-être à un autre stade. Il faut lui poser la question.

Jean-Pierre ELKABBACH


Pourquoi tant de ses fidèles et de ses proches prennent comme vous leurs distances ?

Jean-Pierre MIGNARD


Oh, pour une raison...

Jean-Pierre ELKABBACH


… est-ce que vous étiez des opportunistes ?

Jean-Pierre MIGNARD


Non, oh non !

Jean-Pierre ELKABBACH


Vous êtes des ingrats ?

Jean-Pierre MIGNARD


Non, ça c’est désagréable, c’est pas du tout la question, non, c’est parce que… le problème c’est que quand on est un candidat pour la présidentielle on est toujours en campagne, c’est ça le problème, on est toujours en campagne. Donc, les proches peuvent toujours…

Jean-Pierre ELKABBACH


…. c’est vous, Jean-Pierre MIGNARD, qui avez conduit l’enquête interne sur les irrégularités, les malversations lors des votes du congrès de Reims. Est-ce que vous regrettez que le PS ne soit pas allé plus loin et d’autre part quels mérites vous reconnaissez au livre des deux journalistes, des deux confrères ?

Jean-Pierre MIGNARD


Alors, un, sur vos confrères, puisque je suis ici je vais être courtisan, comme toujours un peu les avocats, pardonnez-moi, c’est un livre utile. Honnêtement, le mémoire que j’avais fait avec ASSOULINE et CIOT disait déjà tout. Le livre a un mérite, c’est-à-dire qu’il rappelle que nous n’avons pas réglé le problème, et donc ça c’est quand même un immense mérite, première chose. Et deuxième chose, on pouvait pas aller plus loin à l’époque, sinon il fallait scissionner. Aller devant le juge, ce qui aurait été possible, mais le juge aurait annulé, c’était une scission.

Jean-Pierre ELKABBACH


C’est l’image du PS qui a été salie.

Jean-Pierre MIGNARD


Ben, c’est-à-dire que le seul moyen pour lui, effectivement, de changer, ben c’est ça, c’est de créer une commission…c’est dorénavant d’avoir une autorité indépendante qui organise les élections, parce que vous savez sinon, les trois millions d’électeurs ils ne viendront jamais voter.

Jean-Pierre ELKABBACH


Dernière remarque. François HOLLANDE s’est rapproché de François BAYROU.

Jean-Pierre MIGNARD


Tant mieux, c’est bien, il a mis du temps mais c’est bien.

Jean-Pierre ELKABBACH


Est-ce que vous êtes favorable à une alliance socialiste/MoDem désormais ?

Jean-Pierre MIGNARD


Ben bien évidemment ! Oui, je pense même qu’il faut aller jusqu’aux frontières du gaullisme, quand le gaullisme considérait que l’Etat ne devait pas être vassalisé. Vous voyez, je vais encore plus loin !

Jean-Pierre ELKABBACH


Merci d’être venu, Jean-Pierre MIGNARD.

Jean-Pierre MIGNARD


Merci Monsieur ELKABBACH. 08 :27 :21 FIN^
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Mercredi 16 septembre 2009
Intervention de Ségolène Royal

 

Je m'étais engagée à faire une mise au point.

 

A l'occasion de la publication d'un livre qui met à jour des faits tres graves qui se seraient passés à l'intérieur dans certaines fédérations du parti socialistes lors de la désignation du premier secrétaire.

Je sais très bien que beaucoup d'entre vous pensent que ce problème est sans commune mesure avec les problèmes qui nous assaillent aujourd'hui.

 

Beaucoup de préoccupations en effet absorbent et devraient nous requérir tout entier. Ce nouvel impôt qu’est la taxe carbone et qui frappe les Français de façon aussi injuste qu'inefficace... Les déficits publics qui dérapent et qui atteindront les 130 milliards d'euros à la fin de l'année tandis que les comptes de la sécurité sociale dérivent dangereusement et mettent en péril l'accès à la santé, je viens d'apprendre aussi que deux mille enfants handicapés n’ont pas été accueillis à l’école; le chômage, vous le savez, et la vie chère frappent de plus en plus de famille, les jeunes cherchent du travail désespérément, les salariés qui mettent fin à leur jour; l’inquiétude du lendemain qui monte partout. Face à tout cela les zizanies internes au PS paraissent, bien évidemment dérisoires de même que les états d'âmes personnels des uns ou des autres ou la guerre des chefs.

 

Mais je sais aussi que nous, les Français, sommes profondément attachés à la démocratie, à la liberté, à la justice, à la vérité et à l'égale application des droits et des devoirs.

 

Et c'est pourquoi je demande la vérité tout simplement

 

J’ai aussitôt pensé non seulement à tous les militants qui ont voté pour moi, mais à tous les autres qui croient dans nos procédures, dans la légitimité de nos règles et dans l’éthique de notre Parti. Je me suis dit qu'en trente ans de vie politique - conseiller à l'Elysée, trois fois ministre, vingt ans de mandat de député, candidate à l'élection présidentielle, présidente de la Région Poitou-Charentes - j'en ai pas mal vu et encaissé, mais vraiment que ce coup-là, ce coup porté aux militants, au Parti lui-même, à la confiance qu’on est supposé lui faire et, donc, à la croyance même en la chose politique, fait sans doute partie des coups les plus durs que j'ai eu à assumer.

 

Si bien évidemment ces faits se révèlent exacts.

 

Pourquoi est-ce que c'est très choquant? Parce que les fraudeurs présumés sont identifiés dans ce livre. Ils sont même nommément cités. La méthode utilisée que l'on y découvre est presque incroyable. Il y a eu un logiciel informatique permettant, dès lors que les résultats me donnaient en tête, d’opérer les corrections nécessaires pour annuler cette avance et augmenter les résultats dans la fédération du Nord et les sections de Lille. Et ce mécanisme est minutieusement décrit.

 

A partir de là, de deux choses l'une. Ou bien les faits relatés dans ce livre sont vrais : c'est d'une extrême gravité et rien ne justifie la loi du silence. Et j'attends de la direction du pari socialiste qu'elle fasse toute la lumière et prenne les sanctions qui s'imposent pour que cela ne recommence jamais. Je ne demande même pas de nouveau vote, je demande juste la vérité et les sanctions; Et même s'il devait y avoir de nouveau vote, je n'en serai pas. Pour moi cette page est tournée.

 

Ou bien les faits relatés dans ce livre sont vrais, je viens d'en parler, ou bien ils sont faux et c'est très grave aussi, car ces accusations sont très lourdes de conséquences, elles portent atteinte à l'honneur non seulement des personnes citées, mais elles portent atteinte à l'honneur de chaque militant, de chacun de nous, à l’honneur du Parti socialiste et de tous les Français, qui vis à vis des observateurs étrangers peuvent se dire "mais comment dans l'un des plsu grands partis politiques en France des tricheries de cette nature peuvent exister?"

 

moi je veux que la vérité soit faite: car De la vérité jaillit la lumière. Une maison est solide si les fondations sont bien faites. Les fondations, ce sont les valeurs et les principes.

 

Je demande la vérité car je n'accepte pas que le parti socialiste soit ainsi abîmé.

 

 

Alors J'attends de la direction du Parti Socialiste, si c’est son choix, qu'elle engage toute action appropriée en justice contre les affirmations contenues dans ce livre afin que l'honneur du parti socialiste et de ses dirigeants soit au moins rétabli.

 

Ce sera la meilleure façon de mettre à jour la vérité et de réparer le dommage qui nous a été causé.

 

La passivité serait un aveu de culpabilité.

 

A Carcassonne, il y a un an et demi, il n'est venu à l'idée de personne de dire : « on étouffe la fraude pour ne pas gêner les électeurs ».

 

On me prête l'envie d’en découdre, de rejouer le congrès ou de reprendre la place ou les responsabilités qui auraient peut être dû être les miennes. Mais non. Je le répète. Telle n'est pas mon intention. Je suis passée à autre chose. J'ai fermé ce livre et en ai ouvert un autre : celui de l'avenir de la France. C'est ce que doit faire, aussi, le parti socialiste. Il doit mettre de l'ordre chez lui, sanctionner avec courage ceux qui doivent l'être et ouvrir une nouvelle page, celle de l'avenir de la France.

Par faire gagner le Parti Socialiste
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