Mardi 22 septembre 2009 2 22 /09 /Sep /2009 15:42
EUROPE 1

L'INTERVIEW – Le 21/09/2009 – 08 :19 :15
Invité : Jean-Pierre MIGNARD, membre du Conseil National du PS


Marc-Olivier FOGIEL
Vous recevez ce matin le socialiste Jean-Pierre MIGNARD.

Jean-Pierre ELKABBACH


Ségolène ROYAL, le PS, mais d’abord CLEARSTREAM. Jean-Pierre MIGNARD, bonjour.

Jean-Pierre MIGNARD


Bonjour.

Jean-Pierre ELKABBACH


Vous avez regardé la presse avec nous. CLEARSTREAM partout. Vous allez y plaider. Dans l’histoire judiciaire et politique, le procès, est-ce que c’est un grand procès et comment la qualifiez-vous d’emblée ?

Jean-Pierre MIGNARD


Ah, ça c’est vrai que c’est unique, un procès entre un ancien Premier ministre prévenu et un Président de la République en exercice, plaignant et partie civile, ça, en effet, sous la Ve République, j’ai jamais vue ça.

Jean-Pierre ELKABBACH


Mais c’est un grand procès.

Jean-Pierre MIGNARD


C’est un grand procès, sûr. Alors, on peut, en effet, trouver des titres journalistiques, « Le choc des titans », « Une dramaturgie », etc. Eh bien, voyez, quand même, ce qui est caractéristique c’est que dans ces grands titres on va oublier les dizaines d’autres victimes de ce procès, qui ont été quand même assez largement ignorés, en tout cas pendant toute la formation judiciaire, et qui seront toutes présentes cet après-midi à la 1ère chambre du tribunal.

Jean-Pierre ELKABBACH


Vous, vous défendez le journaliste Edwy PLENEL et le magistrat Gilbert FLAM qui se sont retrouvés dans les listings en bonne place, et sans raison, disent-ils ;

Jean-Pierre MIGNARD


Ben, non seulement sans raison mais i n’y avait aucune raison, pas plus pour eux d’ailleurs que pour tous. Et ce que l’on va dire, c’est simple, c’est pourquoi est-ce que tout cela n’a pas été dit plus tôt, pourquoi est-ce qu’un juge d’instruction n’a pas été désigné plus tôt ?

Jean-Pierre ELKABBACH


Dès aujourd’hui, Maître LECLERC, défenseur de Dominique de VILLEPIN, va soulever des nullités de procédure. D’abord, le rôle et la place du Président de la République, et vous vous allez intervenir aussi.

Jean-Pierre MIGNARD


En tout cas, Henri LECLERC, je pense, va dire une chose, il va dire que le Président de la République est à la fois plaignant, il est partie civile, il a un avocat, puis il y a le procureur de la République, et on peut dire que c’est deux choses différentes. Non, au sens où dans notre organisation judiciaire aujourd’hui l’exécutif a autorité sur le procureur de la République, et donc on peut penser que l’accusation n’est pas indépendante au sens où le magistrat ne serait pas une autorité judiciaire indépendante et impartiale vis-à-vis du pouvoir politique. C’est la Cour européenne qui le dit, ça n’a rien de désagréable personnellement pour Monsieur MARIN, mais ça pose un problème.

Jean-Pierre ELKABBACH


Mais ça n’empêchera pas le procès.

Jean-Pierre MIGNARD


Non !

Jean-Pierre ELKABBACH


Ni la recherche de la vérité.

Jean-Pierre MIGNARD


Mais la question va quand même être posée et cette question elle nous renvoie à l’incongruité du système français : pourquoi est-ce que l’exécutif, c’est-à-dire le pouvoir politique, a une autorité sur les procureurs ?

Jean-Pierre ELKABBACH


A l’origine de l’affaire et donc du procès, qui a commis le délit, à votre avis, qui en a profité ?

Jean-Pierre MIGNARD


Ah, qui a commis le délit ? Le tribunal le dira. Nous, on pense effectivement que les premières personnes citées c’est contre elles effectivement que nous plaiderons, mais on verra ce que le jugement dira. Qui en a profité ? Je trouve qu’il y a deux affaires, il y d’une part la confection de faux, des listings, avec une liste invraisemblable, absurde, de gens qui se retrouvent ensemble et à qui on prête d’avoir des comptes à l’extérieur, manifestement obtenus à l’aide de pratiques illicites.

Jean-Pierre ELKABBACH


Dominique STRAUSS-KAHN, à un moment Laurent FABIUS qui s’est retiré, Nicolas SARKOZY.

Jean-Pierre MIGNARD


Mais tout ça est absurde, je veux dire. Même quand on regarde la liste, on dit, « mais enfin, c’est pas possible », ou alors si c’était possible ça voudrait dire qu’il n’y a plus de République, qu’on serait dans un Etat de corruption généralisée. C’est absurde ! Et puis, il y a une deuxième affaire, c’est-à-dire qu’ensuite il y a tout un groupe de… toute une série de hauts responsables de l’Etat, des ministres, des directeurs de cabinet, des directeurs de service, et même des magistrats qui attendent. Qui attendent quoi ? Pourquoi est-ce que très rapidement… écoutez  c’est vers octobre 83 que pour la première fois RONDOT indique qu’il y aurait des listes comme ça.

Jean-Pierre ELKABBACH


2003.

Jean-Pierre MIGNARD


Oui, 2003, pardon. Et on attend 2006 pour qu’il y ait un juge d’instruction qui soit désigné.

Jean-Pierre ELKABBACH


Et puis, on voit bien, tel est pris qui croyait prendre.

Jean-Pierre MIGNARD


Oui, chacun se tien par la barbichette !

Jean-Pierre ELKABBACH


Mais qui aurait dû déclencher l’information judiciaire ?

Jean-Pierre MIGNARD


Mais tous, car c’est une obligation légale, l’article 40 du code de procédure pénale impose aux autorités constituées, aux fonctionnaires et aux officiers publics, l’obligation de dénoncer immédiatement au procureur de la République.

Jean-Pierre ELKABBACH


Donc, ils auraient dû alerter la justice.

Jean-Pierre MIGNARD


Tous !

Jean-Pierre ELKABBACH


Donc, pour vous, c’est la justice, l’Etat, la République qui dysfonctionne.

Jean-Pierre MIGNARD


Il y a une irresponsabilité de l’Etat.

Jean-Pierre ELKABBACH


Qu’est-ce qui les rend fous ?

Jean-Pierre MIGNARD


Le pouvoir présidentiel. Le présidentialisme, le pouvoir présidentiel, l’ambition, la compétition des ambitions, les ambitions rivales, la voracité du pouvoir, voilà ce qui en France constitue sans doute le mal français, même le malheur français.

Jean-Pierre ELKABBACH


A droite et à gauche ?

Jean-Pierre MIGNARD


Oui, bien sûr, à droite et à gauche.

Jean-Pierre ELKABBACH


Même au PS ?

Jean-Pierre MIGNARD


Mais regardez au PS, nous avons eu… je suis frappé, les socialistes quand ils sont maires ou quand ils sont élus, ce sont des gens qui gèrent avec un très grand scrupule les élections dans leur ville, ce sont des gens très respectueux des électeurs. Et lorsque nous avons des élections entre nous, on ne se respecte pas. Eh bien, ça, c’est toujours la bataille présidentielle. Ca rend les gens fous en France.

Jean-Pierre ELKABBACH


Oui, mais vous n’avez pas la nostalgie de la IVe République et des treize tours pour élire René Coty président de la République.

Jean-Pierre MIGNARD


Non ! Non !

Jean-Pierre ELKABBACH


Il y aura pour CLEARSTREAM, sans doute, des surprises, des coups de théâtre.

Jean-Pierre MIGNARD


Oui !

Jean-Pierre ELKABBACH


Des sanctions, un jugement en janvier 2010, sans doute appel et déjà les juristes, est-ce que vous êtes dans ce cas, prévoient un deuxième procès CLEARSTREAM fin 2010, début 2011.

Jean-Pierre MIGNARD


Oh, s’il y a un appel, évidemment, vraisemblablement un appel, mais je serais très étonné que ce jugement satisfasse tout le monde. Quoi qu’en ne sait jamais !

Jean-Pierre ELKABBACH


Alors, vous, si proche de Ségolène ROYAL vous n’étiez pas à Montpellier.

Jean-Pierre MIGNARD


Non.

Jean-Pierre ELKABBACH


Elle a dit que vous étiez au Gabon. Vous étiez à Paris.

Jean-Pierre MIGNARD


Non, j’étais à Paris, mon voyage a été repoussé donc, effectivement. J’aurai pu lancer un appel de Libreville, comme le Général de Gaulle, mais enfin c’était quand même pas ni mon statut, ni l’objectif.

Jean-Pierre ELKABBACH


Donc, vous n’y êtes pas allé.

Jean-Pierre MIGNARD


J’irai mais je n’y étais pas.

Jean-Pierre ELKABBACH


A Montpellier.

Jean-Pierre MIGNARD


Ah non, j’étais pas à Montpellier, non.

Jean-Pierre ELKABBACH


Alors, Ségolène ROYAL a annoncé à Montpellier qu’elle veut dépasser désormais le Parti socialiste. « Dépasser », c’est-à-dire l’envelopper, le dominer, le contourner. Elle a choisi déjà et encore cette démarche présidentielle. Est-ce qu’elle raison tout de suite ?

Jean-Pierre MIGNARD


Sur le dépassement, elle a raison, et sur le dépassement elle n’est pas seule, c’est d’ailleurs l’appel qu’avait lancé Daniel COHN-BENDIT à Marseille lorsqu’on avait fait notre réunion d’Espoir à gauche. Oui, dépassement pour effectivement faire en sorte que l’ensemble des grandes familles de l’opposition puissent se retrouver, créent aussi une nouvelle formation politique. Une nouvelle formation politique, on peut l’appeler Parti socialiste, la question n’est pas là, mais regardez, si on fait des primaires, c’est-à-dire que si on associe deux à trois millions d’électeurs à la désignation du candidat, si ensuite enfin on installe la séparation des pouvoirs au sein du Parti socialiste lui-même, c’est-à-dire qu’il y a une espèce de commission, allez, néo-juridictionnelle qui veille à la sincérité du scrutin, à la loyauté du scrutin, je vous assure qu’on crée une nouvelle formation politique qui se rapproche des grands partis démocrates.  

Jean-Pierre ELKABBACH


Non mais, sur sa stratégie, vous, vous présidiez pour elle Désirs d’avenir.

Jean-Pierre MIGNARD


Oui.

Jean-Pierre ELKABBACH


Elle l’a saisi, confisqué, récupéré.

Jean-Pierre MIGNARD


Ah ben, elle est fondatrice. C’est la mère, la mère a repris son enfant.

Jean-Pierre ELKABBACH


Voilà ! « Cher Jean-Pierre, pousse-toi de là ».

Jean-Pierre MIGNARD


Voilà, elle a dit à l’oncle de se mettre sur le côté.

Jean-Pierre ELKABBACH


Et il s’est mis sur le côté.

Jean-Pierre MIGNARD


Ah ben, oui, je suis un oncle amical et fidèle.

Jean-Pierre ELKABBACH


Peut-être qu’il avait plus de désir, il n’y avait plus de désir et moins d’avenir.

Jean-Pierre MIGNARD


Ah ben, attendez, j’ai quand même beaucoup de choses à faire indépendants de ça, et puis je fais confiance à Ségolène pour effectivement engager Désirs d’avenir. Elle l’a fait parce qu’elle pense sans doute que pour son statut de présidentiel il faut repasser peut-être à un autre stade. Il faut lui poser la question.

Jean-Pierre ELKABBACH


Pourquoi tant de ses fidèles et de ses proches prennent comme vous leurs distances ?

Jean-Pierre MIGNARD


Oh, pour une raison...

Jean-Pierre ELKABBACH


… est-ce que vous étiez des opportunistes ?

Jean-Pierre MIGNARD


Non, oh non !

Jean-Pierre ELKABBACH


Vous êtes des ingrats ?

Jean-Pierre MIGNARD


Non, ça c’est désagréable, c’est pas du tout la question, non, c’est parce que… le problème c’est que quand on est un candidat pour la présidentielle on est toujours en campagne, c’est ça le problème, on est toujours en campagne. Donc, les proches peuvent toujours…

Jean-Pierre ELKABBACH


…. c’est vous, Jean-Pierre MIGNARD, qui avez conduit l’enquête interne sur les irrégularités, les malversations lors des votes du congrès de Reims. Est-ce que vous regrettez que le PS ne soit pas allé plus loin et d’autre part quels mérites vous reconnaissez au livre des deux journalistes, des deux confrères ?

Jean-Pierre MIGNARD


Alors, un, sur vos confrères, puisque je suis ici je vais être courtisan, comme toujours un peu les avocats, pardonnez-moi, c’est un livre utile. Honnêtement, le mémoire que j’avais fait avec ASSOULINE et CIOT disait déjà tout. Le livre a un mérite, c’est-à-dire qu’il rappelle que nous n’avons pas réglé le problème, et donc ça c’est quand même un immense mérite, première chose. Et deuxième chose, on pouvait pas aller plus loin à l’époque, sinon il fallait scissionner. Aller devant le juge, ce qui aurait été possible, mais le juge aurait annulé, c’était une scission.

Jean-Pierre ELKABBACH


C’est l’image du PS qui a été salie.

Jean-Pierre MIGNARD


Ben, c’est-à-dire que le seul moyen pour lui, effectivement, de changer, ben c’est ça, c’est de créer une commission…c’est dorénavant d’avoir une autorité indépendante qui organise les élections, parce que vous savez sinon, les trois millions d’électeurs ils ne viendront jamais voter.

Jean-Pierre ELKABBACH


Dernière remarque. François HOLLANDE s’est rapproché de François BAYROU.

Jean-Pierre MIGNARD


Tant mieux, c’est bien, il a mis du temps mais c’est bien.

Jean-Pierre ELKABBACH


Est-ce que vous êtes favorable à une alliance socialiste/MoDem désormais ?

Jean-Pierre MIGNARD


Ben bien évidemment ! Oui, je pense même qu’il faut aller jusqu’aux frontières du gaullisme, quand le gaullisme considérait que l’Etat ne devait pas être vassalisé. Vous voyez, je vais encore plus loin !

Jean-Pierre ELKABBACH


Merci d’être venu, Jean-Pierre MIGNARD.

Jean-Pierre MIGNARD


Merci Monsieur ELKABBACH. 08 :27 :21 FIN^
Par faire gagner le Parti Socialiste
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 01:12
Intervention de Ségolène Royal

 

Je m'étais engagée à faire une mise au point.

 

A l'occasion de la publication d'un livre qui met à jour des faits tres graves qui se seraient passés à l'intérieur dans certaines fédérations du parti socialistes lors de la désignation du premier secrétaire.

Je sais très bien que beaucoup d'entre vous pensent que ce problème est sans commune mesure avec les problèmes qui nous assaillent aujourd'hui.

 

Beaucoup de préoccupations en effet absorbent et devraient nous requérir tout entier. Ce nouvel impôt qu’est la taxe carbone et qui frappe les Français de façon aussi injuste qu'inefficace... Les déficits publics qui dérapent et qui atteindront les 130 milliards d'euros à la fin de l'année tandis que les comptes de la sécurité sociale dérivent dangereusement et mettent en péril l'accès à la santé, je viens d'apprendre aussi que deux mille enfants handicapés n’ont pas été accueillis à l’école; le chômage, vous le savez, et la vie chère frappent de plus en plus de famille, les jeunes cherchent du travail désespérément, les salariés qui mettent fin à leur jour; l’inquiétude du lendemain qui monte partout. Face à tout cela les zizanies internes au PS paraissent, bien évidemment dérisoires de même que les états d'âmes personnels des uns ou des autres ou la guerre des chefs.

 

Mais je sais aussi que nous, les Français, sommes profondément attachés à la démocratie, à la liberté, à la justice, à la vérité et à l'égale application des droits et des devoirs.

 

Et c'est pourquoi je demande la vérité tout simplement

 

J’ai aussitôt pensé non seulement à tous les militants qui ont voté pour moi, mais à tous les autres qui croient dans nos procédures, dans la légitimité de nos règles et dans l’éthique de notre Parti. Je me suis dit qu'en trente ans de vie politique - conseiller à l'Elysée, trois fois ministre, vingt ans de mandat de député, candidate à l'élection présidentielle, présidente de la Région Poitou-Charentes - j'en ai pas mal vu et encaissé, mais vraiment que ce coup-là, ce coup porté aux militants, au Parti lui-même, à la confiance qu’on est supposé lui faire et, donc, à la croyance même en la chose politique, fait sans doute partie des coups les plus durs que j'ai eu à assumer.

 

Si bien évidemment ces faits se révèlent exacts.

 

Pourquoi est-ce que c'est très choquant? Parce que les fraudeurs présumés sont identifiés dans ce livre. Ils sont même nommément cités. La méthode utilisée que l'on y découvre est presque incroyable. Il y a eu un logiciel informatique permettant, dès lors que les résultats me donnaient en tête, d’opérer les corrections nécessaires pour annuler cette avance et augmenter les résultats dans la fédération du Nord et les sections de Lille. Et ce mécanisme est minutieusement décrit.

 

A partir de là, de deux choses l'une. Ou bien les faits relatés dans ce livre sont vrais : c'est d'une extrême gravité et rien ne justifie la loi du silence. Et j'attends de la direction du pari socialiste qu'elle fasse toute la lumière et prenne les sanctions qui s'imposent pour que cela ne recommence jamais. Je ne demande même pas de nouveau vote, je demande juste la vérité et les sanctions; Et même s'il devait y avoir de nouveau vote, je n'en serai pas. Pour moi cette page est tournée.

 

Ou bien les faits relatés dans ce livre sont vrais, je viens d'en parler, ou bien ils sont faux et c'est très grave aussi, car ces accusations sont très lourdes de conséquences, elles portent atteinte à l'honneur non seulement des personnes citées, mais elles portent atteinte à l'honneur de chaque militant, de chacun de nous, à l’honneur du Parti socialiste et de tous les Français, qui vis à vis des observateurs étrangers peuvent se dire "mais comment dans l'un des plsu grands partis politiques en France des tricheries de cette nature peuvent exister?"

 

moi je veux que la vérité soit faite: car De la vérité jaillit la lumière. Une maison est solide si les fondations sont bien faites. Les fondations, ce sont les valeurs et les principes.

 

Je demande la vérité car je n'accepte pas que le parti socialiste soit ainsi abîmé.

 

 

Alors J'attends de la direction du Parti Socialiste, si c’est son choix, qu'elle engage toute action appropriée en justice contre les affirmations contenues dans ce livre afin que l'honneur du parti socialiste et de ses dirigeants soit au moins rétabli.

 

Ce sera la meilleure façon de mettre à jour la vérité et de réparer le dommage qui nous a été causé.

 

La passivité serait un aveu de culpabilité.

 

A Carcassonne, il y a un an et demi, il n'est venu à l'idée de personne de dire : « on étouffe la fraude pour ne pas gêner les électeurs ».

 

On me prête l'envie d’en découdre, de rejouer le congrès ou de reprendre la place ou les responsabilités qui auraient peut être dû être les miennes. Mais non. Je le répète. Telle n'est pas mon intention. Je suis passée à autre chose. J'ai fermé ce livre et en ai ouvert un autre : celui de l'avenir de la France. C'est ce que doit faire, aussi, le parti socialiste. Il doit mettre de l'ordre chez lui, sanctionner avec courage ceux qui doivent l'être et ouvrir une nouvelle page, celle de l'avenir de la France.

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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 18:46
"...Le nombre de ces adhérents à 20 euros était tel que nous étions dépassés. Il nous arrivait 10 000 adhérents par semaine. A ce rythme, le système internet ne suivait plus, parce que le Parti n'était pas assez modernisé. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé ! J'ai dû me battre, ne serait-ce que pour modifier la carte d'adhésion, pour informatiser le système (création du fichier national ROSAM sauf la fédération du Pas-de-Calais). On avait toujours fonctionné avec des bouts de papier, des timbres à coller, comme au temps de la vieille SFIO ou  du "vieux parti d'Epinay". Tout ètait compliqué, même créer un listing ne permettant plus de tricher. Depuis 2000, je luttais contre tout l'appareil du Parti pour qu'il n'y ait plus de faux adhérents. Ma première opération de remise à plat avait eu lieu dans les Bouches-du-Rhône, où le nombre d'adhérents ne correspondait pas à la réalité (en 2001). Le nouveau listing empêchait ces dérives : à chaque carte, il fallait un adhérent, un nom, une cotissation. Mais nous étions très en retard et nous avons progressivement modernisè l'outil..."
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 17:45
François Rebsamen (PS) apporte son "soutien total et entier" à Bayrou pour un dialogue

PARIS,  8 septembre 2009 (AFP) - Le sénateur-maire PS de Dijon, François Rebsamen, a apporté mardi son soutien "total et entier" à la proposition du président du MoDem François Bayrou en faveur d'un "dialogue public" avec des représentants des forces de l'opposition.
"Le président du MoDem François Bayrou a proposé ce matin un dialogue public au sein d'un +parlement+ où chacun serait représenté, avec des personnalités qu'il choisirait, y compris des personnalités hors des partis politiques", dit dans un communiqué M. Rebsamen, qui avait soutenu Ségolène Royal au Congrès de Reims.
"J’apporte mon soutien total et entier à cette proposition qui va permettre un débat constructif dans la clarté, la transparence et le respect de l’identité de chacun", ajoute cette personnalité du courant "L'Espoir à gauche", qui avait accueilli au côté de Vincent Peillon, Marielle de Sarnez, bras droit de François Bayrou, lors des journées d'été à Marseille.
Selon lui, "la confrontation des idées, l’inventaire de nos divergences mais aussi de nos convergences, ne peut que favoriser le rassemblement nécessaire à l’alternance dont notre pays a besoin".
Il propose d'"associer également" a ce débat Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche (PRG), et Robert Hue, ex-leader du PCF, "dont l’ouverture et la volonté de rassemblement, sont totalement en phase avec cette démarche".
François Bayrou a précisé mardi les conditions d'un dialogue avec l'opposition, qu'il avait proposé dimanche lors de son université d'été, avec un travail public au sein d'un "parlement".
em/cp/DS
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /Sep /2009 11:34


La victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012 n’a rien d’inéluctable à condition que nous réussissions l’alliance de toutes les forces démocratiques. C’est nécessaire et urgent !

Les élections passent, le score de la gauche au premier tour de l’élection présidentielle demeure bloqué à 36%, quels que soient les propositions, les projets et les candidats. La constitution d’un socle majoritaire, puissant et durable pour transformer durablement notre société, pour répondre aux grands défis de notre pays est indispensable.

Qu’est ce qui est en jeu ?

Permettre à la France de retrouver les voies d’une démocratie apaisée qui rompe avec les pratiques brutales d’un pouvoir toujours plus personnel. Ce sont nos libertés qui sont menacées, nos règles démocratiques les plus essentielles, les politiques de solidarité qui sont mises à mal.

Cela suppose d’analyser ce qui nous rassemble pour dépasser ce qui nous sépare.
Du PCF au Modem, nos parcours sont différents. Notre attachement à promouvoir nos idées nous a conduits aussi à nous opposer. Notre histoire politique récente révèle nos confrontations, même si celles-ci ont été toujours empreintes de respect des règles républicaines.
Mais notre histoire révèle tout autant les nombreuses et régulières réunions et accords que nous avons construits pour gérer la France et conduire les destinées des dossiers les plus sensibles tant à l’échelle nationale qu’européenne. Que ce soient la constitution de l’union de la gauche, de la participation des membres éminents de formations politiques du centre aux gouvernements de la France Unie, ou la création de la gauche plurielle, notre histoire est faite de ces moments forts de rassemblement.
Il n’y a pas de hasard à cela, ce ne sont pas des accidents de parcours, mais bien le fruit d’une réflexion qui nait d’une volonté : pas de victoire sans rassemblement, pas de transformation sans rassemblement.
Cette volonté est consubstantielle de la démarche des socialistes et a toujours porté notre parti à construire les fondations de ces unions.

Qu’est ce qui réunit aujourd’hui les forces qui peuvent participer à ce rassemblement.
Nous sommes tous des démocrates, tous attachés à rétablir la République dans tous ses droits, à vouloir faire revivre la démocratie contre le pouvoir personnel, et de surcroît nous sommes tous des européens convaincus.
Nous sommes, enfin, tous décidés à construire une société plus juste, plus solidaire et plus écologique.


Nous connaissons les blocages de la société française : retour du chômage de masse, inégalités sociales croissantes, endettement public insupportable, politique fiscale discriminatoire, dérive oligarchique du régime et mise en cause du pluralisme dans les medias ou la justice.
La situation de la France crée l’urgence et nous appelle à prendre toute notre responsabilité, non seulement pour les socialistes mais aussi pour tous les démocrates.

Nous avons beaucoup à faire ensemble, et je voudrais dire que ce n’est pas la concurrence à gauche qu’il convient d’organiser, mais les conditions de notre rassemblement qu’il convient de mettre en œuvre.

J’entends s’exprimer la crainte que ne soit diluée l’identité du parti socialiste dans ce vaste rassemblement. C’est une étonnante réponse à l’accusation de nos partenaires de notre tendance hégémonique.
A cette crainte, l’organisation des primaires est une réponse plus équilibrée, plus conforme à notre culture. Précédée de l’indispensable travail de convergence politique pour construire un projet partagé pour la France, elle est la première des réponses. Plus vaste sera le nombre de citoyens consultés, plus fort sera le mouvement de l’alternance.
La deuxième consiste à rappeler que nous avons mis en place avec succès des accords et des alliances avec nos partenaires, du parti communiste au Modem dans de très nombreuses collectivités. En souffrons-nous ? Avons nous été contraints de les porter ?

Pourquoi dès lors vouloir ne pas les mettre en œuvre au niveau national ?
La troisième des réponses, pour aller au bout du processus est d’exiger l’application du scrutin à la proportionnelle pour construire la France démocratique vivante que nous appelons de nos vœux, pour limiter les pouvoirs du Président de la République, pour redonner sens au Parlement.

Je pense que nos collectivités territoriales sont nos meilleurs laboratoires politiques et que c’est en leur sein que nous y avons souvent exploité le meilleur de nos projets. Ne tergiversons pas, nous ne pouvons pas demeurer dans cette molle hypocrisie, de vouloir faire croire à nos militants que ce nous assumons dans nos communes et dans nos régions ne sauraient trouver force et vigueur dans notre pays.
Nous ne pouvons pas croire que le conservatisme et le repli sur soi peuvent nous protéger, nous nous renforcerons dans le mouvement, dans l’alliance progressiste socialiste, écologiste et démocrate.

J’appelle donc à un nouveau pacte historique, celui dont la France a besoin. Un compromis qui commande que l’on s’accorde sur l’essentiel à ce moment précis de notre histoire et sur des objectifs partagés.
J’appelle à ce contrat politique entre forces politiques diverses pour rassembler la gauche, toute la gauche, qu’ils appartiennent aux familles socialiste, radicale et communiste, rassembler les écologistes et rassembler aussi les forces politiques qui se réclament d’une même conception de la démocratie et de la République, telle le Modem.

C’est ce que nous avons commencé de faire à Marseille.

Extrait de l'hebdomadaire Marianne du 29/08/2009

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